Le sel de la terre

le_sel_de_la_terre_lobby_25_62x15_0cm_300dpi_5234cmjn_01

Wim Wenders a de la suite dans les idées. Après Pina (Bausch) et la danse, c’est Sebastião Salgado et la photo qui passent par la caméra du réalisateur. Beau, mais un peu inabouti.

Salgado est le photographe le plus humaniste en exercice, un simple coup d’œil à ses photos les plus ou les moins connues permets de s’en apercevoir : tout de suite pointe le regard de l’homme qui aime observer son prochain. Wenders nous propose de le rejoindre dans sa rencontre avec le photographe, invité par ce dernier et son fils, co-réalisateur. Le film appartient d’ailleurs plus à la famille du biopic que n’appartenait Pina, beaucoup plus film expérimental que Le Sel de la Terre. ici, on suit un photographe, on apprend sa vie et comment son regard s’est façonné, sa vocation imposée.

Dans Pina, Wenders faisait face à l’art de la danse, du mouvement, finalement assez indépendant du cinéma. Dans l’histoire de l’art, la photographie est par contre l’ancêtre direct du cinéma. Dans cette théorie, on dit que l’homme dans son utilisation de l’art pousse de plus en plus vers la représentation du réel au plus près. C’est assurément ce que Salgado tente de faire dans chacun de ses clichés. D’ailleurs Wenders s’inscrit directement dans cette tradition en commençant par une longue suite d’images fixes (en réalité les clichés de Salgado) en noir et blanc, qui vont évoluer en une séquence cinéma en noir et blanc qui fera place à la couleur.

La question (valable pour nombre de films pas que documentaires d’ailleurs) réside dans l’utilisation du numérique pour filmer cette épopée. A l’opposé totale des contrastes profonds de ces premières photographies, et de celles qui suivront, l’image du film est belle, mais plate, et finalement seule l’exploitation des images de Salvado fait poindre le vertige et l’art. Une belle façon pour Wenders de se mettre en retrait, intentionnellement ou pas.

Sortie le 15 octobre 2014 au cinéma. Disponible en DVD et Blu-Ray. Film de  Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (2014, 1h49). Nombre d’entrées à prévoir : 300 000

  • Scénario Juliano Ribeiro Salgado, Wim Wenders, David Rosier
  • Directeur de la photographie Hugo Barbier, Juliano Ribeiro Salgado
  • Montage Maxine Goedicke, Rob Myers
  • Musique Laurent Petitgand

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *